Organisation autonome zapatiste

lundi 19 novembre 2007
par  May
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L’Espagne a connu ses communautés anarchistes dans les années 30, montrant que la gestion des terres, des entreprises et de la société dans son ensemble pouvait être l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes. De nos jours des indiens au Mexique s’auto-organisent et répandent les principes de fonctionnement libertaires marquant le chemin pour ceux qui le prendront bientôt...

Le 1er janvier 1994, des indiens organisés dans le Front de Libération Nationale Zapatiste, dont le sous commandant insurgé Marcos, décident de s’emparer de terres municipales et des lieux de pouvoir de sept grandes villes, dans l’état du Chiapas (le mexique comprend 42 états). Par cette action réussie, ils font connaître à de nombreux mexicains et mexicaines leur volonté d’en finir avec l’exploitation des hommes politiques de tout bord qu’ils mettent tous dans le même panier, celui du "mauvais gouvernement". Depuis, le mouvement s’est amplifié. Faisant l’expérience de l’autogestion et des principes de fonctionnement libertaires, les zapatistes ont retrouvé leurs possiblités d’initiative et de décision et, là où le mauvais gouvernement n’a jamais reconnu leurs droits et leur culture, ils retrouvent, dans ce mouvement rebelle, leur dignité. Ils sont présents dans 45 communes de l’état qui en comprend 105 au total et gèrent en autonomie totale les affaires juridiques et sociales des habitantEs de ces communes. Toutes les décisions sont prises en assemblées générales dans lesquelles tout le monde peut s’exprimer librement et prendre part aux décisions.
Depuis 2003, dans une volonté de répartir équitablement les fonds sur toutes les communes et d’encourager le développement de tous les territoires récupérés en 1994, sont crées les conseils de bon gouvernement (JBG : Junta de Buen Gobierno), dont les membres vont veiller à la bonne application des actions décidées en assemblée générale concernant entre autre les besoins de chaque commune. 5 personnes font tourner ces JBG pendant un mois et sont remplacés par 5 autres qu’ils vont former sur une semaine avant de les laisser en autonomie. Il existe 5 JBG dans les 5 caracoles, les lieux construits collectivement sans aucune aide de l’état, qui regroupent de nombreux projets autonomes validés par la communauté, tels que les cliniques, les écoles primaires et secondaires, les coopératives de femmes qui tissent, les fabriques de chaussures, les coopératives de café Mut Vitz, les projets vidéo et internet, les bibliothèques... Toutes ces initiatives sont indépendantes, auto-gérées et pour une partie d’entre-elles soutenues par des groupes ou observateurs internationaux.
Tosu les zapatistes et les habitants des bases d’appui zapatiste agissent dans le plus grand respect de la "Terre Mère" et arrivent toujours à se positionner sur des prises de décisions communes car ils recherchent tous le bien de la communauté : "Todo para todos, Nada para nosotros"
La considération des femmes et leur émancipation représentent une des grandes avancées du mouvement rebelle zapatiste. Grâce au système de mandat rotatif, elles s’investissent de plus en plus dans des taches à responsabilité et même au sein de l’armée zapatiste de libération nationale (EZLN) où sont formées de plus en plus de commandantes.
La répression est évidemment très forte et l’état chiapanèque tente par tous les moyens d’expulser les zapatistes des terres récupérées. Mais leur force réside dans le fait qu’ils ont su renverser la pyramide, participer à l’auto ou la co-formation politico-sociale d’un grand nombre d’indiennes et d’indiens qui connaissent l’espoir de voir ces principes d’auto-organisation se généraliser à tout le mexique puis à tout le monde. Ils y oeuvrent vaillamment en organisant des rencontres entre peuples du monde et zapatistes, en parcourant tout le mexique pour fédérer les luttes de toutes et tous les exploitéEs et/ou insurgéEs du système capitaliste au sein de l’autre campagne, en organisant des rencontres de peuples indigènes...
En marge du système politique officiel imposé à l’ensemble des mexicainEs, les zapatistes se feront toujours les défenseurs des valeurs humaines, de la Terre et des rivières, loin des appétits marchands de gros investisseurs gavés de projets éco-touristiques fort lucratifs.
Les soutenir, nous disent-ils, c’est avant tout construire, à notre tour, nos société autogérées, nos projets autonomes, notre indépendance et nos manières de faire vivre la Justice !!!


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