La construction en chanvre

L’utilisation du chanvre dans la construction s’appuie essentiellement sur trois caractéristiques :

· La résistance mécanique des fibres

· La faible densité des particules du bois (la chènevotte)

· Le pouvoir isolant

A partir de ces caractéristiques, différents matériaux et plusieurs applications ont été développés pour des utilisations par voie sèche (laine isolante, isolant en vrac…) ou sous forme de bétons ou mortiers.

La fibre

Les fibres sont essentiellement utilisées pour la fabrication de laines isolantes. D’autres applications pourraient rapidement voir le jour : sous-couche de plancher ou de chapes flottantes, revêtements muraux et de sol, charges de fibres pour béton…

Les laines isolantes : après le défibrage mécanique des tiges de chanvre qui permet de séparer la chènevotte (le bois) des fibres, celles-ci sont affinées et calibrées, puis liées par des fibres thermo-fusibles pour former un matelas d’une masse volumique variant de 20 à 40 kgm3 suivant les caractéristiques recherchées. En fonction de la masse volumique et des applications visées - isolation des toitures, des combles des murs ou des cloisons -., ce matelas est conditionné en rouleaux souples ou en panneaux semi-rigides, avec des épaisseurs de 40 à 200mm.

Les qualités mécaniques des fibres de chanvre permettent d’obtenir des produits présentant une bonne résistance mécanique, même avec de faibles densités et une résistance thermique du même niveau que celles des laines minérales.

La chènevotte

Les particules de chènevotte se caractérisent par une faible densité et un pouvoir isolant élevé, lié à la constitution du bois qui est formé par des vaisseaux parallèles permettant la circulation de la sève. Après séchage, ces vaisseaux, vidés de la sève, renferment de l’air qui donne aux particules de chènevotte leurspropriétés dont découlent les différentes applications.

L’isolation par voie sèche

En isolation par voie sèche, la chènevotte est utilisée pour deux types de produits :

· L’isolation par déversement : après un traitement visant à les protéger contre les reprises d’humidité et le feu, les granulats peuvent être déversés en isolation dans les vides de construction : plancher, combles, doublage, toiture, ... Ils restent perméables à la vapeur d’eau et ne sont consommés ni par les rongeurs ni par les insectes. D’une masse volumique de 110 kg /m3, ils ont des performances thermiques élevées et sont d’une mise en œuvre simple et aisée.

· Les sous-couches nivelantes et isolantes en vrac : la chènevotte reçoit un enrobage de bitume naturel qui lui permet de s’auto bloquer lorsqu’elle est mise en œuvre. Il s’agit donc d’un matériau d’isolation et de nivellement en vrac, utilisé comme sous-couche de chapes flottantes ou de plancher. Il se pose directement sur les planchers bruts ou sur les planchers anciens permettant de compenser les faux-niveaux ou les inégalités jusqu’à 20 cm de hauteur, en offrant une isolation thermique et phonique de qualité, sans apport d’eau, avec une très faible masse volumique et avec une mise en oeuvre rapide et sans délai de séchage.

Les bétons et mortiers légers isolants

Mélangée à un liant à base de chaux, la chènevotte permet de confectionner des mortiers et des bétons présentant des caractéristiques spécifiques et performantes. Mais le caractère particulièrement hydrophile des particules de chènevotte (4 à 500% de pouvoir d’absorption) pose le problème de la gestion de l’eau à tous les stades de la vie des produits : malaxage, prise des liants, séchage, puis durant la vie des ouvrages.

Les solutions visant à rendre les particules hydrophobes par enrobage s’étant révélées couteuses et peu fiables, la nécessité d’utiliser des liants permettant de pallier cette problématique s’est imposée.

La définition de ces liants a fait l’objet de nombreuses recherches tant sur le terrain qu’en laboratoire. Ces liants doivent bien sûr assurer une liaison fiable entre les granulats de chènevotte mais ils doivent également permettre l’extraction de l’eau à tous les stades de la vie du matériau.

Différentes raisons (voir plus loin) ont très rapidement orienté les recherches vers l’utilisation de la chaux et plus spécialement de chaux aérienne, la prise d’un liant aérien étant moins dépendante de l’eau que la prise des liants hydrauliques.

A ce jour, les produits et les prescriptions proposés permettent la confection de mortiers et de bétons répondant aux exigences des ces matériaux - mise en œuvre, fiabilité, durabilité, performances techniques et économiques – et ils peuvent bénéficier, dans certains cas, de toutes les garanties en matière d’assurance.

Les mortiers et bétons de chanvre sont donc devenus des matériaux particulièrement performants grâce aux qualités qui leur sont conférés par le mariage de la chaux et du chanvre :

· Masse volumique très faible

· Pouvoir isolant élevé

· Correction acoustique

· Perméabilité à la vapeur d’eau

· Elasticité importante

Ces caractéristiques les rendent performants dans des applications très diverses

· dalles de béton léger ; isolation, rénovation

· remplissage de murs à ossature bois - rénovation de maisons à colombages, constructions neuves

· isolation de toiture

· enduits à caractère isolant : amélioration du confort thermique, correction acoustique, décoration, possibilité d’épaisseurs importantes

Le Chanvre et la Chaux

La chaux et le chanvre, un mariage d’amour et de raison

Si la fabrication de la chaux se perd dans la nuit des temps, il semble que la culture du chanvre remonte aux origines de l’agriculture puisque ce serait une des premières plantes cultivées par l’homme.

Par ailleurs, alors qu’ils ont été considérés comme des productions essentielles pendant des siècles, le chanvre et la chaux ont connu jusqu’à très récemment un long déclin au profit de matériaux dit « modernes » au point que l’on a pu envisager leur disparition.

On pourrait ainsi continuer un parallélisme entre le chanvre et la chaux, sur les savoir-faire perdus, sur les traditions et la technicité ou sur la redécouverte récente des qualités et des vertus des ces deux matériaux. Mais malgré ces passés similaires, la chaux et le chanvre ne se sont rencontrés dans des applications communes que récemment.

La volonté d’utiliser le chanvre pour la confection de bétons et de mortiers légers isolants a démarré il y a une douzaine d’années. L’utilisation de ciment comme liant a rapidement trouvé ses limites. Limites écologiques d’abord. Limites des performances ensuite puisque le ciment faisait perdre partiellement leurs qualités (thermiques, perméabilité, élasticité…) aux bétons de chanvre. Limites techniques enfin, les bétons liés avec du ciment présentant couramment des problèmes de prise.

L’utilisation de la chaux et du chanvre faisant souvent appel à une même sensibilité, c’est tout naturellement que les deux matériaux se sont trouvés réunis. Ils sont rapidement devenus indissociables quand il s ‘agit de bétons ou de mortiers de chanvre, chacun apportant ses qualités propres permettant de valoriser ou de protéger son partenaire. Le chanvre par son caractère végétal spécifique (isolation thermique, correction acoustique, régulation hydrique, élasticité et plus généralement confort), la chaux en assurant la liaison et la protection sans en altérer les qualités.

De même que la terre et la paille ont été mélangées pour former le torchis, matériau fiable qui a traversé les siècles, le mariage de la chaux et du chanvre, mariage autant d’amour que de raison, nous offre un matériau conforme aux exigences actuelles de la construction : performant, fiable et respectueux de notre environnement et de notre santé.

(source : construction-chanvre)